Lésion multiligamentaire du genou
Une lésion multiligamentaire du genou correspond à l’atteinte simultanée de plusieurs ligaments. Elle survient souvent lors d’un traumatisme important et peut compromettre la stabilité de l’articulation.
La prise en charge dépend des ligaments touchés, de la gravité des lésions et de la présence éventuelle d’atteintes associées. Un examen rapide est essentiel pour vérifier la circulation sanguine et la sensibilité de la jambe.
COMPRENDRE LA LÉSION MULTILIGAMENTAIRE DU GENOU

RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES
Une lésion multiligamentaire du genou survient généralement après un traumatisme important : accident de sport, chute, accident de circulation ou mouvement forcé de l’articulation. Les signes peuvent varier selon les ligaments atteints et les éventuelles lésions associées.
- Douleur importante : elle apparaît au moment du traumatisme ou peu après. Elle peut concerner plusieurs zones du genou.
- Gonflement rapide : un épanchement sanguin dans l’articulation peut faire gonfler le genou en peu de temps.
- Instabilité : le genou peut donner l’impression de se dérober ou de ne plus tenir correctement.
- Difficulté à prendre appui : la douleur et l’instabilité peuvent rendre la marche difficile, voire impossible.
- Déformation temporaire : une luxation du genou peut se réduire spontanément avant l’examen. L’absence de déformation visible ne suffit donc pas à écarter une atteinte grave.
- Fourmillements ou engourdissement : ces sensations dans la jambe ou le pied peuvent signaler une atteinte nerveuse.
- Pied froid, pâle ou bleuté : ces signes, ou une diminution de la sensibilité, peuvent indiquer un problème de circulation et nécessitent une prise en charge urgente.
La douleur et le gonflement peuvent diminuer sans que la stabilité du genou soit rétablie. Une sensation persistante de dérobement, une marche anormale ou une appréhension lors des changements de direction justifient un bilan spécialisé.
COMMENT SURVIENT UNE LÉSION MULTILIGAMENTAIRE DU GENOU ?
Une lésion multiligamentaire survient lorsqu’une force importante dépasse les capacités de stabilisation des ligaments. L’atteinte peut concerner deux ligaments ou davantage, parfois avec une luxation du genou, une fracture ou des lésions des structures voisines.
Traumatisme à haute énergie
Un accident de circulation, une chute importante ou un traumatisme direct peut provoquer un déplacement brutal des surfaces articulaires. Même si le genou reprend spontanément sa position, plusieurs ligaments peuvent avoir été étirés ou rompus.
Mouvement de torsion ou de contrainte
Lors d’un accident sportif, le pied peut rester fixé au sol tandis que le corps tourne, ou le genou peut subir une force latérale ou une hyperextension. Selon la direction de la contrainte, différents ligaments peuvent être touchés ensemble.
Luxation du genou
Une luxation correspond à un déplacement important des surfaces articulaires. Elle peut se réduire avant l’arrivée à l’hôpital, mais le traumatisme initial peut avoir étiré ou lésé les vaisseaux sanguins et les nerfs situés à proximité. Une évaluation urgente est donc nécessaire même si l’alignement semble redevenu normal.
Lésions fréquemment associées
Une lésion multiligamentaire peut s’accompagner d’une atteinte méniscale, d’une fracture du plateau tibial ou du fémur, d’une lésion cartilagineuse, ou d’une atteinte de l’artère poplitée ou du nerf fibulaire. Ces éléments influencent les priorités du traitement.

POSER LE BON DIAGNOSTIC
Le diagnostic associe les circonstances du traumatisme, un examen clinique prudent et des examens d’imagerie. En cas de lésion multiligamentaire, le bilan recherche aussi une atteinte de la circulation sanguine ou des nerfs.
01 — LES CIRCONSTANCES DU TRAUMATISME
Le médecin précise la direction de la force, la position du genou, la présence d’une déformation et la possibilité ou non de prendre appui. Il recueille également les informations sur les sensations dans la jambe et le pied depuis l’accident.
02 — L’EXAMEN CLINIQUE ET NEUROVASCULAIRE
Après avoir évalué l’état général du genou, le médecin examine la sensibilité, les mouvements du pied et la circulation dans la jambe. La stabilité ligamentaire est testée avec prudence et adaptée à la douleur. Certains tests peuvent être répétés lorsque le gonflement diminue.
03 — LES RADIOGRAPHIES
Les radiographies recherchent une fracture, un déplacement articulaire ou un fragment osseux arraché à l’insertion d’un ligament. Selon la situation, des clichés supplémentaires ou des examens vasculaires peuvent être demandés rapidement.
04 — L’IRM ET LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
L’IRM aide à préciser quels ligaments sont atteints et à repérer les lésions associées des ménisques, du cartilage ou des tissus mous. Si la circulation sanguine est en question, une exploration vasculaire urgente peut être nécessaire ; l’IRM ne remplace pas ce bilan.
Une apparence normale du genou après l’accident n’exclut pas une luxation transitoire ni une atteinte vasculaire.
PROTÉGER LE GENOU ET ÉVALUER LES LÉSIONS SANS TARDER
Après un traumatisme important, la priorité est de protéger la jambe et de vérifier la circulation sanguine et la fonction nerveuse. Le traitement définitif est décidé une fois les urgences évaluées et les lésions mieux caractérisées.
Mesures immédiates
Évitez de solliciter ou de manipuler le genou. Gardez-le dans une position confortable, sans essayer de corriger une déformation. Si vous pouvez le faire sans douleur ni risque de chute, surélevez légèrement la jambe. Une poche froide enveloppée dans un tissu peut aider à limiter la douleur et le gonflement, sans être appliquée directement sur la peau.
Protection et déplacement
Une attelle peut être posée par les professionnels pour protéger le genou. Des béquilles peuvent être recommandées si la prise d’appui est douloureuse ou déconseillée. Le choix de l’appui et de l’immobilisation dépend des lésions et de l’état de la circulation.
Soulagement des symptômes
Les médicaments contre la douleur sont choisis en fonction des antécédents et des contre-indications. Ne prenez pas de traitement supplémentaire sans avis médical si vous avez des maladies chroniques, prenez des anticoagulants ou avez déjà reçu des consignes spécifiques.
Évaluation rapide
Une suspicion de luxation, un pied froid ou pâle, des fourmillements ou une perte de sensibilité requièrent une évaluation immédiate aux urgences. Pour organiser une évaluation spécialisée à Genève, consultez SOS Genou Genève — consultation spécialisée et imagerie.
Préserver l’articulation naturelle reste prioritaire tant que les traitements conservateurs permettent de maintenir une qualité de vie satisfaisante.

PEUT-ON TRAITER UNE LÉSION MULTILIGAMENTAIRE SANS OPÉRATION ?
La chirurgie n’est pas systématique. Le traitement conservateur peut être envisagé si l’évaluation montre une stabilité suffisante, si certaines lésions sont partielles ou isolées, et si les objectifs fonctionnels du patient peuvent être atteints sans reconstruction. La décision dépend aussi des lésions associées et de l’absence de problème vasculaire ou nerveux nécessitant une prise en charge urgente.
Physiothérapie progressive
La physiothérapie vise d’abord à réduire la douleur et le gonflement, puis à retrouver progressivement la mobilité, la force et le contrôle du genou. Les exercices et leur progression sont adaptés aux ligaments atteints. Une mise en charge ou certains mouvements peuvent être limités temporairement selon les consignes médicales.
Adaptation des activités
Les activités comportant des pivots, des changements rapides de direction, des sauts ou un risque de chute sont suspendues pendant l’évaluation et la phase de protection. La reprise d’activités quotidiennes se fait progressivement, en fonction de la stabilité et de la réaction du genou.
Protection et suivi
Une attelle articulée ou des béquilles peuvent être utiles pendant une période définie par le spécialiste. Des consultations de suivi permettent de réévaluer la stabilité, la mobilité et la progression de la physiothérapie.
Quand réévaluer la stratégie ?
Une instabilité persistante, des épisodes de dérobement, une limitation importante des activités ou l’absence de progrès fonctionnel conduisent à réexaminer le diagnostic et les options thérapeutiques. La décision prend en compte les symptômes, les examens et les objectifs du patient.
Le traitement conservateur se choisit après un bilan précis et s’accompagne d’un suivi adapté aux ligaments concernés.
Pour mieux comprendre une atteinte fréquente associée, consultez la page instabilité chronique du genou.
RECONSTRUCTION ET RÉPARATION DES LIGAMENTS DU GENOU
Une intervention peut être envisagée lorsque plusieurs ligaments sont rompus et que le genou reste instable, lorsque la fonction attendue nécessite une stabilité que le traitement conservateur ne permet pas d’obtenir, ou lorsque certaines lésions associées demandent un geste spécifique. La chirurgie n’est pas décidée sur la seule image d’une IRM.
Le principe de l’intervention
Le chirurgien évalue les ligaments atteints, leur qualité, leur localisation et les lésions associées. Selon les cas, il peut réparer un ligament lorsque sa configuration le permet, ou reconstruire sa fonction à l’aide d’une greffe tendineuse. Une ou plusieurs structures peuvent être traitées au cours d’une intervention, ou selon une stratégie en plusieurs temps.
Des techniques adaptées aux structures atteintes
Les reconstructions du LCA et du LCP s’appuient souvent sur une greffe tendineuse fixée dans l’os. Certaines lésions des ligaments collatéraux ou des structures postéro-latérales peuvent être réparées ou reconstruites selon leur emplacement et leur ancienneté. Les fractures, les lésions méniscales et les atteintes vasculaires nécessitent une stratégie spécifique et peuvent modifier l’ordre des traitements.
Choisir le bon moment
La réparation urgente d’une lésion vasculaire ou d’une fracture déplacée peut être prioritaire. Pour les ligaments, le moment de l’intervention dépend notamment de l’état de la peau et des tissus, du gonflement, de la mobilité récupérée et de la nature des lésions. Certaines situations conduisent à une chirurgie précoce ; d’autres bénéficient d’une intervention différée ou en plusieurs étapes. Il n’existe pas de calendrier identique pour tous.
Préserver les tissus lorsque c’est possible
Lorsque l’anatomie et la qualité des tissus le permettent, leur réparation ou leur préservation peut être discutée. Le choix tient compte des chances de cicatrisation, de la stabilité attendue et des contraintes de la rééducation.
La stratégie chirurgicale vise à traiter les lésions identifiées tout en tenant compte de l’ensemble du genou et du parcours de récupération.
Pour en savoir plus sur une reconstruction ligamentaire, consultez l’article sur la chirurgie du ligament croisé antérieur. Il porte sur le LCA et ne décrit pas à lui seul toutes les situations multiligamentaires.

RÉÉDUCATION ET REPRISE DES ACTIVITÉS
La rééducation est progressive et dépend du nombre de ligaments atteints, des lésions associées et du traitement reçu. Les restrictions d’appui, d’amplitude ou de mouvement sont définies par l’équipe soignante.
PROTÉGER ET CONTRÔLER LE GONFLEMENT
La première phase respecte les consignes d’appui et d’attelle. Le travail porte notamment sur le contrôle de la douleur et du gonflement, ainsi que sur l’activation musculaire sans sollicitation excessive des structures réparées ou reconstruites.
RETROUVER LA MOBILITÉ
La flexion et l’extension sont récupérées selon un programme adapté aux ligaments concernés. Les amplitudes sont augmentées progressivement, sans forcer les mouvements qui mettent en tension les structures en cours de cicatrisation.
RESTAURER LA FORCE
Le renforcement des muscles de la cuisse et de la hanche reprend progressivement. La progression dépend de la qualité du contrôle du genou, de la douleur et des consignes postopératoires.
TRAVAILLER LE CONTRÔLE DU MOUVEMENT
L’équilibre, la coordination et le contrôle du genou lors de mouvements fonctionnels sont développés avant les tâches plus exigeantes. La marche, les changements de direction et les gestes professionnels sont réintroduits selon les progrès constatés.
REPRENDRE LES ACTIVITÉS ET LE SPORT
La reprise sportive dépend de la stabilité, de la mobilité, de la force, du contrôle du mouvement et de tests fonctionnels adaptés à l’activité visée. Pour les lésions multiligamentaires, la récupération peut prendre de nombreux mois.
La reprise se décide sur des critères fonctionnels et un suivi régulier, pas sur une date seule.
→ Découvrir les étapes de la rééducation après une chirurgie ligamentaire du genou.

UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT
Il n’existe pas une réponse identique à toutes les lésions multiligamentaires du genou. Le Dr Benoît Coulin tient compte des ligaments concernés, de leur degré d’atteinte, de la stabilité de l’articulation, des lésions associées et de l’évolution des symptômes. Il prend aussi en considération l’âge, les activités quotidiennes et professionnelles, le niveau sportif et les objectifs du patient.
Le traitement conservateur évite une intervention et peut convenir à certaines lésions, mais il demande une physiothérapie suivie et une réévaluation si l’instabilité persiste. La chirurgie peut restaurer une stabilité lorsque cela est indiqué, mais elle implique une intervention et une rééducation longue. Le calendrier et les techniques sont choisis selon les structures atteintes et l’état du genou.
La discussion permet de préciser les bénéfices attendus, les limites et les contraintes de chaque option avant de décider de la suite.
« La priorité est de sécuriser le genou, puis de choisir une stratégie adaptée à ses lésions et aux objectifs du patient. »
QUESTIONS FRÉQUENTES
Votre genou a subi un traumatisme important ?
Un examen clinique et une imagerie adaptée permettent d’identifier les ligaments atteints, de vérifier les structures voisines et de définir les prochaines étapes de prise en charge.
Après un traumatisme important, une déformation ou des signes touchant la circulation ou la sensibilité du pied, contactez les urgences. Pour une évaluation spécialisée à Genève, rendez-vous sur SOS Genou Genève.