« L’arthrose ne se résume pas à une image radiologique. Chaque genou, chaque douleur et chaque patient nécessitent une réponse différente. »

Une lésion du ménisque peut apparaître brutalement après une torsion du genou ou s’installer progressivement avec l’usure. Douleur, gonflement, accrochage ou blocage ne signifient cependant pas toujours qu’une opération est nécessaire.

Un diagnostic précis permet d’identifier le type de lésion, son retentissement réel et le traitement le plus adapté.

COMPRENDRE L’ARTHROSE DU GENOU

C’est la zone située sur la face intérieure du genou et la plus fréquemment touchée par l’arthrose. Son usure peut provoquer une douleur interne et favoriser progressivement une déformation de la jambe.

Situé sur la face extérieure du genou, ce compartiment est moins fréquemment atteint. Son usure peut entraîner une douleur latérale et modifier progressivement l’axe de la jambe.

Cette articulation se situe entre la rotule et le fémur. Lorsqu’elle est touchée, la douleur apparaît souvent dans les escaliers, en position accroupie ou après être resté longtemps assis.

 

Médecin expliquant l’arthrose du genou à l’aide d’une maquette anatomique

comprendre les ménisques

Chaque genou possède deux ménisques, situés entre le fémur et le tibia. Ces structures fibrocartilagineuses contribuent à répartir les contraintes, à amortir les impacts et à stabiliser l’articulation.

Une lésion du ménisque peut concerner le ménisque interne ou le ménisque externe. Sa localisation, sa forme et son origine influencent les symptômes ainsi que les possibilités de traitement.

 

 

RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES

Les symptômes d’une lésion du ménisque varient selon son origine, sa localisation et sa stabilité. Ils peuvent apparaître immédiatement après une torsion du genou ou s’installer progressivement, sans traumatisme précis.

 

  • Douleur localisée : elle est généralement ressentie sur le côté interne ou externe du genou, au niveau de l’interligne articulaire.
  • Douleur lors des rotations : pivoter, s’accroupir, se relever ou changer brusquement de direction peut réveiller la douleur.
  • Gonflement : le genou peut gonfler quelques heures après le traumatisme ou après une activité prolongée.
  • Accrochages ou claquements : certains mouvements peuvent provoquer une sensation d’accrochage, accompagnée ou non d’un bruit.
  • Perte de mobilité : le patient peut éprouver des difficultés à plier ou à tendre complètement le genou.
  • Blocage du genou : un fragment méniscal déplacé peut empêcher l’extension complète de l’articulation. Un genou réellement bloqué doit être évalué rapidement.

 

La présence d’une lésion du ménisque sur une IRM ne signifie pas nécessairement qu’elle est responsable de la douleur.

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POURQUOI L’ARTHROSE APPARAÎT-ELLE ?

L’arthrose du genou n’est pas uniquement liée à l’âge. Plusieurs facteurs peuvent fragiliser l’articulation, augmenter les contraintes exercées sur le cartilage ou favoriser une usure plus précoce.

Une fracture, une rupture ligamentaire ou une lésion méniscale peut modifier le fonctionnement du genou et favoriser une arthrose plusieurs années plus tard.

Une déviation de la jambe peut concentrer les contraintes sur une partie précise du genou et accélérer l’usure de ce compartiment.

Le surpoids, certaines activités professionnelles ou des sollicitations répétées augmentent les contraintes supportées par l’articulation.

Des muscles insuffisamment renforcés protègent moins efficacement le genou. Une activité adaptée aide au contraire à maintenir sa stabilité et sa mobilité.

Usure du cartilage provoquée par l’arthrose du genou

LÉSION TRAUMATIQUE OU DÉGÉNÉRATIVE ?

Toutes les lésions méniscales ne surviennent pas dans les mêmes circonstances. Certaines apparaissent brutalement sur un ménisque auparavant sain, tandis que d’autres se développent progressivement dans un tissu fragilisé par le temps.

LA LÉSION TRAUMATIQUE

Elle survient généralement après un mouvement de torsion du genou, souvent lorsque le pied reste bloqué au sol. Elle concerne plus fréquemment les personnes jeunes et sportives.

La douleur peut être brutale et s’accompagner d’un gonflement, d’un claquement ou d’un blocage. Une lésion ligamentaire, notamment du ligament croisé antérieur, peut également être associée.

LA LÉSION DÉGÉNÉRATIVE

Elle apparaît progressivement lorsque le tissu méniscal devient plus fragile. Un mouvement banal, un accroupissement ou le fait de se relever peut alors déclencher les symptômes.

Ces lésions sont plus fréquentes à partir de 40 ou 50 ans et peuvent être associées à une usure du cartilage. La douleur n’est donc pas toujours provoquée uniquement par le ménisque.

Distinguer une lésion traumatique d’une lésion dégénérative est essentiel, car leur prise en charge n’est pas la même.

POSER LE BON DIAGNOSTIC

Le diagnostic d’une lésion du ménisque ne repose pas uniquement sur une IRM. Il tient compte des circonstances d’apparition de la douleur, des symptômes ressentis, de l’examen du genou et de l’état général de l’articulation.

 

01 — L’INTERROGATOIRE

Le médecin recherche un éventuel mouvement de torsion, l’apparition d’un gonflement, la localisation de la douleur et la présence d’accrochages ou d’un véritable blocage.

02 — L’EXAMEN CLINIQUE

La mobilité, la stabilité et les zones douloureuses du genou sont évaluées. Certains mouvements permettent de solliciter les ménisques et de rechercher une douleur caractéristique.

03 — LES RADIOGRAPHIES

Les radiographies en charge permettent d’évaluer l’axe de la jambe, l’espace articulaire et une éventuelle arthrose associée. Elles ne montrent pas directement le ménisque, mais apportent des informations importantes sur l’ensemble du genou.

04 — L’IRM

L’IRM permet d’observer les ménisques, le cartilage, les ligaments et l’os. Elle peut préciser la localisation et la forme de la lésion, mais son résultat doit toujours être interprété avec les symptômes et l’examen clinique.

 

Une anomalie méniscale visible sur une IRM peut être ancienne et ne pas être responsable des douleurs actuelles.

UN TRAITEMENT CONSERVATEUR EST SOUVENT POSSIBLE

Toutes les lésions du ménisque ne nécessitent pas une intervention chirurgicale. Lorsque le genou n’est pas bloqué et que la lésion paraît stable, un traitement conservateur peut être proposé en première intention.

Il repose généralement sur une adaptation temporaire des activités, la diminution des mouvements douloureux et un programme de physiothérapie. L’objectif est de retrouver de la mobilité, de renforcer les muscles qui stabilisent le genou et de reprendre progressivement les activités.

Un traitement antalgique ou anti-inflammatoire peut parfois être envisagé selon la situation médicale du patient. Les infiltrations ne réparent pas le ménisque, mais peuvent être discutées lorsque la douleur est également liée à une inflammation ou à une atteinte articulaire associée.

L’évolution doit être régulièrement réévaluée. Une amélioration progressive permet souvent d’éviter une intervention, en particulier dans le cas des lésions dégénératives.

ADAPTER L’ACTIVITÉ

Réduire temporairement les mouvements de pivot, les flexions profondes et les activités qui déclenchent la douleur.

RESTAURER LA MOBILITÉ

Préserver progressivement la flexion et l’extension du genou sans provoquer de réaction importante.

RENFORCER LE GENOU

Travailler les muscles de la cuisse, de la hanche et du tronc afin d’améliorer le contrôle du membre inférieur.

REPRENDRE PROGRESSIVEMENT

Réintroduire la marche, le vélo, la course ou le sport selon les symptômes et les objectifs du patient.

Exercice de physiothérapie pour le traitement conservateur d’une lésion du ménisque

QUAND FAUT-IL OPÉRER LE MÉNISQUE ?

La décision d’opérer dépend davantage des symptômes et du type de lésion que de sa seule présence sur l’IRM.

Une intervention peut être envisagée lorsqu’un fragment méniscal instable provoque des blocages ou des accrochages répétés, lorsque le genou reste réellement bloqué ou lorsque les douleurs persistent malgré un traitement conservateur bien conduit.

Chez une personne jeune, une lésion traumatique récente située dans une zone susceptible de cicatriser peut justifier une réparation afin de préserver le ménisque.

En revanche, une lésion dégénérative associée à une arthrose ne bénéficie pas systématiquement d’une arthroscopie. Dans cette situation, le traitement doit prendre en compte l’ensemble de l’articulation et pas uniquement l’image du ménisque.

BLOCAGE MÉCANIQUE

Le genou ne peut plus être complètement tendu en raison d’un fragment déplacé. Cette situation nécessite une évaluation rapide.

LÉSION TRAUMATIQUE INSTABLE

Une déchirure récente peut provoquer des douleurs, des accrochages et une gêne importante chez une personne active.

PERSISTANCE DES SYMPTÔMES

Une intervention peut être discutée lorsque les douleurs mécaniques persistent malgré la physiothérapie et l’adaptation des activités.

LÉSION ASSOCIÉE

La lésion méniscale peut être associée à une rupture ligamentaire ou à une atteinte du cartilage nécessitant une stratégie globale.

PRÉSERVER LE MÉNISQUE CHAQUE FOIS QUE POSSIBLE

Lorsque la chirurgie est indiquée, elle est généralement réalisée par arthroscopie à l’aide d’une caméra et de petits instruments introduits dans le genou. Deux gestes principaux peuvent être envisagés.

 

01 — LA SUTURE MÉNISCALE

La suture consiste à réparer la déchirure afin de conserver le ménisque. Elle est privilégiée lorsque la localisation, la forme et l’ancienneté de la lésion offrent une possibilité suffisante de cicatrisation.

La récupération est plus progressive, car le ménisque doit avoir le temps de cicatriser. Une limitation temporaire de l’appui ou de la flexion peut être nécessaire selon la réparation réalisée.

02 — LA MÉNISCECTOMIE PARTIELLE

Lorsque la lésion ne peut pas être réparée, seule la partie instable et abîmée du ménisque peut être retirée. Le chirurgien cherche alors à conserver le plus de tissu méniscal fonctionnel possible.

La récupération initiale est généralement plus rapide qu’après une suture. Toutefois, retirer une partie du ménisque diminue sa capacité à répartir les contraintes et peut favoriser l’usure de l’articulation à long terme.

 

La préservation méniscale constitue une priorité lorsque la lésion peut être réparée.

Chirurgien expliquant la préservation du ménisque à l’aide d’un modèle anatomique du genou

QUESTIONS FRÉQUENTES

Une lésion du ménisque peut-elle cicatriser seule ?
La capacité de cicatrisation dépend principalement de la localisation et du type de lésion. La partie périphérique du ménisque est mieux vascularisée et peut parfois cicatriser. Les lésions situées dans la partie centrale disposent d’un potentiel de cicatrisation plus limité.
Peut-on marcher avec une lésion du ménisque ?
Il est généralement possible de marcher si le genou n’est pas bloqué et si la douleur reste supportable. Les mouvements de torsion, les accroupissements profonds et les activités qui augmentent la douleur ou le gonflement doivent cependant être temporairement adaptés.
Une lésion du ménisque nécessite-t-elle toujours une opération ?
Non. De nombreuses lésions, notamment les lésions dégénératives et stables, peuvent être prises en charge par une adaptation des activités et de la physiothérapie. La décision dépend des symptômes, du type de lésion, de l’état général du genou et de son évolution.
Quelle différence entre une lésion du ménisque et l’arthrose ?
Une lésion méniscale concerne l’un des deux ménisques situés entre le fémur et le tibia. L’arthrose correspond à une dégradation progressive de l’articulation, notamment du cartilage. Une lésion du ménisque et une arthrose peuvent être présentes simultanément.
L’IRM est-elle toujours nécessaire ?
Non. L’interrogatoire, l’examen clinique et les radiographies peuvent déjà apporter des informations importantes. L’IRM est particulièrement utile lorsqu’il existe un doute diagnostique, des symptômes mécaniques ou lorsqu’une intervention est envisagée.
Quand un genou bloqué doit-il être évalué rapidement ?
Un genou réellement bloqué, qui ne peut plus être complètement tendu, doit être évalué rapidement. Un fragment méniscal déplacé peut empêcher le mouvement normal de l’articulation et nécessiter une prise en charge adaptée.
Quelle différence entre une suture et une méniscectomie ?
La suture vise à réparer et à conserver le ménisque. La méniscectomie partielle consiste à retirer uniquement la partie instable qui ne peut pas être réparée. La technique est choisie selon la localisation, la forme et le potentiel de cicatrisation de la lésion.
Peut-on reprendre le sport après une lésion du ménisque ?
Oui, dans la majorité des cas. La reprise dépend du traitement, de la récupération de la mobilité, de la force et de la stabilité du genou. Elle est généralement plus progressive après une suture méniscale afin de protéger la réparation pendant sa cicatrisation.
Femme reprenant la marche avec confiance après une lésion du ménisque

RETROUVER UNE ACTIVITÉ EN CONFIANCE

La récupération dépend du type de lésion, du traitement réalisé et des activités que le patient souhaite reprendre. Elle n’est pas identique après un traitement conservateur, une méniscectomie partielle ou une suture méniscale.

 

  • Après un traitement conservateur, la reprise dépend principalement de la diminution de la douleur, de la récupération de la mobilité et du contrôle musculaire.
  • Après une méniscectomie partielle, l’appui et la mobilité peuvent généralement être repris rapidement, en fonction du gonflement et des douleurs.
  • Après une suture méniscale, la reprise est plus progressive afin de protéger la réparation. Les consignes concernant l’appui, la flexion et le retour au sport varient selon la localisation de la lésion et la technique utilisée.

 

La physiothérapie accompagne la récupération de la mobilité, de la force, de l’équilibre et de la confiance dans le genou. La reprise sportive est décidée selon des critères fonctionnels et non uniquement selon un délai.

 

L’absence de douleur au repos ne suffit pas : le genou doit également retrouver force, mobilité et stabilité.

UNE STRATÉGIE ADAPTÉE À CHAQUE LÉSION

Il n’existe pas un traitement unique pour toutes les lésions du ménisque. Deux lésions d’apparence similaire peuvent provoquer des symptômes très différents et nécessiter des prises en charge distinctes.

Le Dr Benoît Coulin tient compte de l’âge du patient, du mécanisme de la lésion, de la stabilité du genou, de l’état du cartilage, des activités pratiquées et des objectifs personnels.

Lorsque cela est possible, la prise en charge privilégie la conservation du ménisque et de l’articulation naturelle. La chirurgie est envisagée lorsqu’elle apporte un bénéfice réel, notamment en présence d’une lésion traumatique réparable, d’un fragment instable ou d’un blocage mécanique.

 

« Préserver le ménisque chaque fois que cela est possible permet de mieux protéger l’articulation sur le long terme. »

Médecin présentant au patient une lésion du ménisque visible sur une IRM du genou

UNE DOULEUR, UN ACCROCHAGE OU UN BLOCAGE DU GENOU ?

Un examen clinique associé à une imagerie adaptée permet de déterminer si le ménisque est réellement responsable des symptômes et de choisir le traitement le plus approprié.