Une fracture près d’une prothèse nécessite de comprendre à la fois l’état de l’os et la stabilité de l’implant. Ces éléments guident le choix du traitement et les étapes de récupération.

Une fracture périprothétique est une fracture de l’os située autour ou à proximité d’une prothèse, le plus souvent de hanche ou de genou. Elle peut survenir après une chute ou un traumatisme, et parfois après un choc modéré lorsque l’os est fragilisé.

Le traitement dépend de l’emplacement et du déplacement de la fracture, mais aussi de la stabilité de la prothèse. Si l’implant reste bien fixé, le chirurgien peut parfois stabiliser l’os en le conservant. Si un composant est descellé ou ne permet pas une fixation satisfaisante, une révision de la prothèse peut être envisagée.

Une fracture périprothétique ne conduit donc pas automatiquement au même traitement. L’examen clinique et l’imagerie aident à choisir entre surveillance et protection de l’appui, fixation chirurgicale ou révision prothétique, parfois combinées.

COMPRENDRE LA FRACTURE DU COL DU FÉMUR

Patient présentant une gêne après une fracture périprothétique

RECONNAÎTRE LES SIGNES D’UNE FRACTURE PÉRIPROTHÉTIQUE

Une fracture périprothétique peut provoquer une douleur brutale près de la prothèse, à la hanche, à la cuisse ou au genou selon sa localisation. La douleur peut empêcher de prendre appui ou de bouger normalement le membre.

 

  • Douleur après une chute ou un choc : elle peut apparaître autour de la hanche, de la cuisse ou du genou.
  • Difficulté ou impossibilité de prendre appui : la marche devient douloureuse, instable ou impossible.
  • Gonflement ou ecchymose : ils peuvent apparaître près de la zone fracturée, mais leur absence n’exclut pas une fracture.
  • Changement de mobilité ou sensation d’instabilité : le membre peut être difficile à mobiliser ou sembler moins stable qu’avant.

 

Après un traumatisme près d’une prothèse, une douleur importante ou l’impossibilité de prendre appui justifie une évaluation médicale rapide. Évitez de forcer la marche ou de mobiliser le membre douloureux.

POURQUOI UNE FRACTURE PÉRIPROTHÉTIQUE SURVIENT-ELLE ?

Une fracture périprothétique survient lorsqu’une contrainte dépasse la résistance de l’os autour d’une prothèse. La cause, la qualité osseuse, l’état de la prothèse et les circonstances du traumatisme sont pris en compte pour comprendre la situation et préparer le traitement.

CHUTE OU TRAUMATISME

Une chute sur le côté ou un choc direct peut provoquer une fracture près d’une prothèse de hanche ou de genou. Un traumatisme plus important peut entraîner une fracture plus complexe.

FRAGILITÉ DE L’OS

L’ostéoporose ou une qualité osseuse diminuée peut rendre l’os plus vulnérable. Une chute de faible hauteur peut alors suffire à provoquer une fracture.

STABILITÉ DE LA PROTHÈSE

La fixation de la prothèse à l’os est un élément essentiel du bilan. Un composant descellé peut modifier le choix du traitement et conduire à envisager une révision.

ÉTAT DE L’OS AUTOUR DE L’IMPLANT

La quantité et la qualité de l’os disponible influencent les possibilités de fixation. Le chirurgien tient aussi compte des fractures ou interventions antérieures et du type de prothèse.

fracture-periprothetique-diagnostic.webp Évaluation clinique d’une fracture périprothétique

POSER LE BON DIAGNOSTIC

Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’imagerie. Les radiographies permettent généralement de localiser la fracture et d’observer la prothèse. Selon les résultats, un scanner ou d’autres examens peuvent être demandés pour préciser la fracture et planifier le traitement.

 

01 — L’EXAMEN CLINIQUE
Le médecin évalue la douleur, la mobilité, l’appui possible et l’état de la peau. La sensibilité, la motricité et la circulation du membre sont également contrôlées.

02 — LES RADIOGRAPHIES
Les radiographies montrent l’emplacement de la fracture et aident à apprécier le déplacement ainsi que la position de la prothèse. Les images antérieures, lorsqu’elles sont disponibles, peuvent aider à comparer l’état de l’implant.

03 — LE SCANNER ET LE BILAN PRÉOPÉRATOIRE
Un scanner peut préciser la forme de la fracture et les rapports entre l’os et la prothèse. Si une intervention est envisagée, le bilan comprend également l’évaluation de l’état général et une consultation d’anesthésie.

 

Le traitement dépend de la fracture, mais aussi de la stabilité de la prothèse : ces deux éléments doivent être évalués ensemble.

TRAITER LA FRACTURE ET STABILISER L’OS

La prise en charge d’une fracture périprothétique dépend de son déplacement, de la stabilité de l’implant et de la qualité de l’os. Dans certains cas sélectionnés, une protection de l’appui et une surveillance spécialisée peuvent être discutées. Une intervention peut être proposée pour stabiliser la fracture ou remplacer un composant prothétique instable.

L’équipe choisit une position confortable et précise si l’appui doit être évité ou limité. La douleur est prise en charge et l’état général surveillé. Les consignes de déplacement sont adaptées à la fracture et à la prothèse concernée.

Si la prothèse est stable et que la fracture peut être fixée autour d’elle, le chirurgien peut utiliser une plaque, des vis ou des câbles. Le montage est choisi selon l’emplacement de la fracture, l’os disponible et la présence de la tige prothétique.

Si un composant est descellé ou ne permet pas une stabilisation satisfaisante, une révision de la prothèse peut être envisagée. Le composant remplacé et le mode de fixation dépendent de l’os disponible et de la fracture.

Certaines fractures nécessitent à la fois de remplacer un composant et de fixer l’os. Le choix de cette stratégie dépend de la stabilité recherchée et de la possibilité d’obtenir un montage adapté.

La stratégie vise à stabiliser l’os tout en tenant compte de la prothèse et de la capacité de récupération du patient.Le traitement peut donc varier d’une fracture à l’autre, même lorsque les symptômes se ressemblent.

QUAND ENVISAGER UNE CHIRURGIE ?

La chirurgie peut être envisagée si la fracture est déplacée ou instable, si la prothèse est descellée, ou si une stabilisation fiable ne peut pas être obtenue sans intervention. Certaines fractures peu déplacées, avec une prothèse stable et une situation clinique compatible, peuvent parfois être surveillées avec des consignes adaptées.

SI LA FRACTURE EST DÉPLACÉE OU INSTABLE

La fixation chirurgicale peut être proposée pour maintenir les fragments et favoriser une consolidation dans une position satisfaisante.

SI LA PROTHÈSE EST DESCELLÉE

Un composant instable peut nécessiter une révision. Le chirurgien évalue si cette révision doit être associée à une fixation de la fracture.

SELON L’ÉTAT GÉNÉRAL ET LES OBJECTIFS DU PATIENT

La décision tient compte de la douleur, de l’autonomie, de la possibilité de reprendre l’appui, de l’état général et des risques liés à l’intervention. L’opération n’est pas décidée à partir d’une image seule.

RÉÉDUCATION ET REPRISE DES ACTIVITÉS

La récupération dépend de la fracture, de la fixation réalisée, de la stabilité de la prothèse et de l’état général. La rééducation commence lorsque l’équipe estime que les mouvements et l’appui sont compatibles avec le traitement.

 

01 — SE REMETTRE EN MOUVEMENT EN SÉCURITÉ
Les premiers transferts et déplacements sont accompagnés par l’équipe. Une aide à la marche, comme des béquilles ou un déambulateur, peut être nécessaire.

02 — RESPECTER LES CONSIGNES D’APPUI
L’appui peut être autorisé, limité ou différé selon la fracture et la stabilité obtenue. Les consignes sont données par le chirurgien et réévaluées au suivi.

03 — RETROUVER LA MOBILITÉ ET LA FORCE
La rééducation peut travailler la mobilité, le renforcement musculaire, l’équilibre et la marche. Les exercices sont adaptés à la zone traitée et à l’évolution.

04 — REPRENDRE LES ACTIVITÉS QUOTIDIENNES
Les déplacements dans le logement, les escaliers et les activités courantes reprennent progressivement, selon l’autonomie, la douleur et la sécurité de la marche.

05 — ADAPTER LA REPRISE DU TRAVAIL ET DU SPORT
La reprise dépend de la consolidation, des capacités fonctionnelles, de la nature du travail ou du sport et de la validation médicale.

 

Le rythme de récupération est individuel et suit l’évolution de la fracture et de la prothèse.

Rééducation à la marche après une fracture périprothétique

UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT

Une fracture périprothétique ne se traite pas uniquement à partir de sa localisation. Une fracture semblable peut nécessiter une fixation, une révision de prothèse ou une autre stratégie selon la stabilité de l’implant et la qualité de l’os.

 

Le traitement est choisi en tenant compte de l’âge, de l’anatomie, de l’état général, de l’autonomie, du type de prothèse, de la fracture et des traitements antérieurs. La possibilité de reprendre l’appui et les objectifs personnels comptent également dans la décision.

 

La technique, les consignes d’appui et le programme de récupération sont adaptés à la situation et réévalués lors du suivi.

« Le choix du traitement repose sur l’analyse conjointe de la fracture, de la prothèse et de l’état général du patient. »

La chirurgie mini invasive peut désigner plusieurs méthodes d’accès à l’articulation et méthodes de visualisation. Elle ne correspond pas à une technique unique applicable à toutes les pathologies du genou et de la hanche.

Le choix dépend de la structure à traiter, de l’étendue du geste et des objectifs fonctionnels. L’arthroscopie est l’une des techniques mini invasives utilisées pour explorer ou traiter l’intérieur d’une articulation.

→ En savoir plus sur l’arthroscopie

QUESTIONS FRÉQUENTES

Non. La décision dépend du déplacement de la fracture, de la stabilité de la prothèse, de l’état de l’os et de la situation clinique. Certaines fractures peuvent être surveillées sans opération par une équipe spécialisée.
Non. Si la prothèse est stable, le chirurgien peut parfois fixer la fracture en conservant l’implant. Si un composant est descellé ou ne permet pas d’obtenir une stabilité satisfaisante, une révision peut être nécessaire.
L’examen clinique et les radiographies permettent généralement de repérer la fracture et d’évaluer la prothèse. Un scanner peut être demandé pour préciser la fracture ou planifier le traitement.
Selon la fracture et la prothèse, le chirurgien peut utiliser une plaque, des vis, des câbles ou une combinaison de moyens de fixation. Le matériel dépend notamment de la quantité d’os disponible et de la stabilité de l’implant.
Le type d’anesthésie dépend de l’intervention et de l’état de santé du patient. Il est discuté avec l’anesthésiste lors du bilan préopératoire.
La durée varie selon la fracture, l’intervention, l’état général et l’autonomie. L’équipe organise la sortie ou la réadaptation lorsque la situation médicale et les déplacements le permettent.
La marche reprend lorsque le chirurgien et l’équipe estiment que la fracture et sa fixation le permettent. L’appui peut être autorisé, limité ou différé ; les consignes peuvent évoluer au fil du suivi.
Cela peut être envisagé en cas de problème de consolidation, de fixation insuffisante ou de descellement d’un composant. Cette éventualité dépend de l’évolution et ne concerne pas tous les patients.

VOUS SOUHAITEZ MIEUX COMPRENDRE VOTRE FRACTURE ?

Une consultation permet d’évaluer la fracture, la stabilité de la prothèse et les options de traitement. L’examen clinique et l’analyse de l’imagerie aident à discuter de la stratégie adaptée à votre situation.