OSTÉONÉCROSE DE LA TÊTE FÉMORALE
en charge adaptée.
L’ostéonécrose de la tête fémorale, également appelée nécrose aseptique de la tête fémorale, correspond à une souffrance de l’os liée à une diminution de sa vascularisation. Elle peut entraîner des douleurs, une limitation de la mobilité ou un affaissement de la tête fémorale, mais elle ne conduit pas systématiquement à la pose d’une prothèse.
L’objectif de la prise en charge est d’abord de comprendre l’origine des symptômes, puis de choisir les solutions permettant de préserver le mouvement et l’articulation naturelle aussi longtemps que possible.
COMPRENDRE L’OSTÉONÉCROSE DE LA TÊTE FÉMORALE
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Normalement, la tête du fémur est bien ronde et se prolonge par un col plus fin. Ici, la jonction entre la tête et le col présente une bosse osseuse. Lors d’une flexion ou d’une rotation importante, cette bosse vient buter contre le rebord du cotyle.
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Normalement, le cotyle recouvre la tête fémorale juste ce qu’il faut. Ici, son rebord est trop saillant ou trop couvrant. Dans certaines positions, il vient toucher le col du fémur plus tôt que prévu et pince l’articulation.
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Le cotyle est la cavité du bassin qui accueille la tête fémorale. Normalement, sa profondeur et son orientation laissent la hanche bouger librement. Lorsqu’il est trop profond ou mal orienté, il recouvre trop la tête : c’est l’origine de la morphologie « pincer ».
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Cet anneau de fibrocartilage borde le cotyle et assure l’étanchéité de la hanche. Quand les os se heurtent de façon répétée, il se retrouve pris entre eux et peut s’irriter ou se fissurer. Ses lésions ont toutefois d’autres causes possibles.
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Le contact répété use peu à peu le cartilage, qui assure normalement le glissement de l’articulation. À terme, cette usure peut favoriser une arthrose. Une morphologie cam ou pincer n’entraîne cependant pas toujours de douleur ni de lésion.

RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES
L’ostéonécrose de la tête fémorale peut provoquer une douleur profonde dans l’aine, la cuisse ou la fesse. Les symptômes peuvent apparaître progressivement et leur intensité ne reflète pas toujours l’étendue de la lésion.
- Douleur dans l’aine : souvent présente lors de la marche, de la montée des escaliers ou du passage de la position assise à la position debout.
- Douleur dans la cuisse ou la fesse : la hanche peut projeter la douleur vers la cuisse, la fesse ou parfois le genou.
- Raideur progressive : certains mouvements deviennent plus difficiles, notamment la rotation de la hanche, l’enfilage des chaussures ou la montée dans une voiture.
- Boiterie ou diminution de l’appui : lorsque la douleur augmente, la marche peut devenir asymétrique et l’appui plus difficile.
Les symptômes peuvent rester discrets au début, puis s’intensifier si la tête fémorale perd sa forme ou si une arthrose secondaire apparaît. Une douleur persistante de l’aine ou une difficulté nouvelle à prendre appui justifie un bilan médical.
POURQUOI L’OSTÉONÉCROSE DE LA TÊTE FÉMORALE APPARAÎT-ELLE ?
L’ostéonécrose apparaît lorsque la vascularisation de la tête fémorale devient insuffisante. Elle peut avoir une origine traumatique, être associée à certains traitements ou certaines maladies, ou survenir sans cause clairement identifiée.
TRAUMATISME DE LA HANCHE
Une fracture du col fémoral ou une luxation de la hanche peut endommager les vaisseaux qui participent à la vascularisation de la tête fémorale et entraîner une ostéonécrose secondaire.
CORTICOTHÉRAPIE PROLONGÉE
Une corticothérapie administrée à fortes doses ou pendant une longue période est associée à un risque accru. Ce facteur doit être interprété selon la dose, la durée et le contexte médical.
MALADIE OU TRAITEMENT ASSOCIÉ
Certaines maladies inflammatoires ou hématologiques, des troubles de la coagulation, des traitements oncologiques ou des antécédents de transplantation peuvent également être associés à une ostéonécrose.
ORIGINE INCONNUE
Dans certaines situations, aucune cause unique n’est retrouvée. L’atteinte peut être bilatérale ; les deux hanches doivent donc être évaluées selon le contexte et les résultats de l’imagerie.

POSER LE BON DIAGNOSTIC
Le diagnostic associe les symptômes, l’examen de la hanche et une imagerie adaptée. Il permet de préciser la taille et la localisation de la lésion, de rechercher un affaissement et d’évaluer l’état de l’autre hanche.
01 – EXAMEN CLINIQUE
La localisation de la douleur, la mobilité de la hanche, les rotations, la douleur à l’appui et la qualité de la marche sont évaluées. Les antécédents de traumatisme, de corticothérapie ou de maladie associée sont également recherchés.
02 – RADIOGRAPHIES
Les radiographies du bassin et de la hanche permettent de rechercher une modification de la forme de la tête fémorale, une ligne de fracture, un affaissement ou des signes d’arthrose secondaire. Elles peuvent toutefois être normales au début.
03 – IRM ET LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
L’IRM peut détecter une ostéonécrose précoce, préciser l’étendue de la zone atteinte et rechercher une lésion de l’autre hanche. D’autres examens peuvent être réalisés selon la cause suspectée et l’état de santé général.
Une radiographie normale ne suffit pas toujours à exclure une ostéonécrose de la tête fémorale débutante.
SOULAGER La hanche SANS CHIRURGIE
La prise en charge de l’ostéonécrose de la tête fémorale dépend du stade de la lésion, de son étendue et de l’état de la surface articulaire. Les mesures non chirurgicales visent à réduire les contraintes, soulager la douleur et préserver la mobilité lorsque la tête fémorale conserve une forme satisfaisante.
ADAPTATION DES APPUIS
Lorsque l’appui est douloureux ou que la lésion paraît exposée aux contraintes, les activités à impact peuvent être temporairement réduites. Une aide à la marche peut être proposée si l’examen clinique et l’imagerie le justifient.
ACTIVITÉ PHYSIQUE ET PHYSIOTHÉRAPIE
La physiothérapie aide à entretenir la mobilité, préserver la force musculaire et limiter les compensations de marche. Les exercices sont adaptés au stade de la lésion et ne doivent pas augmenter les contraintes sur la zone fragilisée.
TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX
Des traitements antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être discutés selon l’état de santé, les traitements habituels et les contre-indications. Ils soulagent les symptômes mais ne permettent pas à eux seuls de faire disparaître la zone d’ostéonécrose.
SURVEILLANCE DE L’ARTICULATION
Lorsque la lésion est limitée, peu symptomatique ou sans affaissement, un suivi clinique et radiologique peut être proposé. Il permet de vérifier l’évolution de la tête fémorale et d’adapter la stratégie si la douleur ou la mobilité change.
Préserver la tête fémorale et maintenir la mobilité restent les premiers objectifs lorsqu’une prise en charge sans chirurgie est possible.

QUAND ENVISAGER UNE CHIRURGIE ?
Une intervention peut être discutée lorsque la lésion présente un risque d’affaissement, lorsque la tête fémorale s’est déjà déformée ou lorsque les douleurs restent importantes malgré une prise en charge adaptée.
PRÉSERVER : LA DÉCOMPRESSION DE LA TÊTE FÉMORALE
Lorsque la tête fémorale conserve une forme satisfaisante et que la surface articulaire n’est pas affaissée, une décompression peut parfois être envisagée. Elle consiste à créer un trajet dans l’os pour atteindre la zone malade et réduire la pression locale.
TRAITER UNE LÉSION PRÉCOCE
Dans certaines indications, la décompression peut être associée à une greffe osseuse ou à un apport de moelle. Ces options sont évaluées au cas par cas et ne conviennent pas à toutes les lésions.
REMPLACER : LA PROTHÈSE TOTALE DE HANCHE
Lorsque la tête fémorale s’est affaissée, que la surface articulaire est irrégulière ou qu’une arthrose secondaire provoque des douleurs invalidantes, une prothèse totale de hanche peut être envisagée.
→ Comprendre les indications et le déroulement d’une prothèse totale de hanche
CONTINUER À BOUGER ET RÉCUPÉRER
Une ostéonécrose de la tête fémorale ne signifie pas nécessairement qu’il faut arrêter toute activité. Les mouvements et les exercices sont adaptés au stade de la lésion, à la douleur et à la qualité de l’appui.
Lorsque la hanche est encore préservée, une activité sans impact important peut être privilégiée. La marche adaptée, le vélo doux, les exercices dans l’eau ou le renforcement musculaire sont envisagés selon la tolérance et les consignes médicales.
Après une intervention, la reprise de la marche et des exercices se fait progressivement, selon le geste réalisé, l’état de la hanche et la récupération de chaque patient.
La progression se mesure à la qualité du mouvement et à la tolérance de la hanche, pas à un calendrier identique pour tous.


UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT
L’ostéonécrose de la tête fémorale peut avoir des causes, des stades et des évolutions très différents. La consultation permet de mettre en relation les symptômes, l’examen clinique, les antécédents et les résultats de l’imagerie.
La prise en charge peut associer une adaptation des appuis, une physiothérapie, un traitement symptomatique et une surveillance. Lorsque la tête fémorale est encore préservée, une chirurgie de conservation peut être discutée dans certaines situations.
Lorsque l’os s’est affaissé ou que l’articulation est fortement dégradée, une prothèse peut devenir la solution la plus cohérente. La décision dépend de la douleur, de la mobilité, de l’impact sur la vie quotidienne et des objectifs du patient.
« Préserver la hanche lorsque cela reste possible, puis intervenir lorsque l’état de l’articulation le rend réellement nécessaire. »
QUESTIONS FRÉQUENTES
VOUS SOUHAITEZ MIEUX COMPRENDRE VOS DOULEURS ?
Une évaluation clinique et des examens adaptés permettent de rechercher l’origine de la douleur et de discuter des options de prise en charge pour votre hanche.