CONFLIT FÉMORO-ACÉTABULAIRE
Le conflit fémoro-acétabulaire correspond à un contact anormal ou prématuré entre le fémur et le rebord du bassin lors de certains mouvements. Il peut être associé à une douleur de hanche, mais une particularité osseuse visible sur une radiographie ne provoque pas nécessairement de symptômes.
Une prise en charge est envisagée lorsque les douleurs, l’examen clinique et l’imagerie concordent. Les mesures non chirurgicales sont généralement étudiées en premier. Une intervention peut être discutée dans certaines situations, après une évaluation individualisée.
COMPRENDRE LE CONFLIT FÉMORO-ACÉTABULAIRE
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Normalement, la tête du fémur est bien ronde et se prolonge par un col plus fin. Ici, la jonction entre la tête et le col présente une bosse osseuse. Lors d’une flexion ou d’une rotation importante, cette bosse vient buter contre le rebord du cotyle.
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Normalement, le cotyle recouvre la tête fémorale juste ce qu’il faut. Ici, son rebord est trop saillant ou trop couvrant. Dans certaines positions, il vient toucher le col du fémur plus tôt que prévu et pince l’articulation.
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Le cotyle est la cavité du bassin qui accueille la tête fémorale. Normalement, sa profondeur et son orientation laissent la hanche bouger librement. Lorsqu’il est trop profond ou mal orienté, il recouvre trop la tête : c’est l’origine de la morphologie « pincer ».
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Cet anneau de fibrocartilage borde le cotyle et assure l’étanchéité de la hanche. Quand les os se heurtent de façon répétée, il se retrouve pris entre eux et peut s’irriter ou se fissurer. Ses lésions ont toutefois d’autres causes possibles.
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Le contact répété use peu à peu le cartilage, qui assure normalement le glissement de l’articulation. À terme, cette usure peut favoriser une arthrose. Une morphologie cam ou pincer n’entraîne cependant pas toujours de douleur ni de lésion.

RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES
Le conflit fémoro-acétabulaire symptomatique provoque le plus souvent une douleur profonde dans l’aine ou à l’avant de la hanche. Elle peut apparaître lors de mouvements répétés ou de positions qui amènent la hanche en flexion et en rotation.
- Douleur à l’aine : pendant une flexion profonde, un squat, une montée d’escaliers ou une activité sportive.
- Gêne après une position prolongée : notamment après être resté assis longtemps, selon les personnes.
- Mouvement limité ou inconfortable : difficulté à rapprocher le genou du torse ou à pivoter la hanche.
- Sensation de clic ou d’accrochage : parfois présente, mais elle ne suffit pas à confirmer une lésion du labrum ou un conflit.
Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Une douleur à l’aine peut également venir du labrum, d’un tendon, du dos ou d’une autre structure de la hanche : l’examen sert à en préciser l’origine.
POURQUOI UN CONFLIT FÉMORO-ACÉTABULAIRE APPARAÎT-IL ?
Le conflit est lié à la forme des os qui composent l’articulation et à leur rapprochement dans certains mouvements. Cette morphologie peut se développer pendant la croissance, notamment au cours de périodes de forte activité sportive, mais son origine n’est pas toujours identifiable. Beaucoup de personnes présentant une morphologie cam ou pincer n’ont aucune douleur.
MORPHOLOGIE CAM
Une bosse osseuse à la jonction de la tête et du col du fémur peut réduire l’espace disponible lors d’une flexion ou d’une rotation importante. Elle peut contribuer à des symptômes si l’examen et l’imagerie concordent.
MORPHOLOGIE PINCER
Un rebord acétabulaire plus couvrant peut entrer en contact avec le fémur dans certaines positions. Cette configuration peut exister seule ou avec une morphologie cam.
FORME MIXTE
Les deux morphologies sont parfois présentes ensemble. Leur importance radiologique ne permet pas, à elle seule, de déterminer la gêne ressentie ni le traitement nécessaire.
LABRUM : PLUSIEURS CAUSES POSSIBLES
Le labrum peut être lésé en présence d’un conflit, mais aussi dans d’autres situations, comme une dysplasie, un traumatisme, une instabilité ou une usure de l’articulation. Une image anormale ne suffit donc pas à relier automatiquement une lésion au conflit.

POSER LE BON DIAGNOSTIC
Le diagnostic de syndrome de conflit fémoro-acétabulaire ne repose pas uniquement sur une radiographie. Il associe des symptômes compatibles, des signes à l’examen et des images montrant une morphologie correspondante.
01 – L’EXAMEN CLINIQUE
Le médecin précise le lieu et les circonstances de la douleur, les activités concernées et les antécédents. Il évalue la marche, la mobilité et les mouvements qui reproduisent les symptômes. Aucun test isolé ne suffit à poser le diagnostic.
02 – LES RADIOGRAPHIES
Des radiographies ciblées permettent d’observer la forme du fémur et du cotyle, ainsi que l’état général de l’articulation. Elles aident à rechercher une morphologie cam, pincer ou mixte et à vérifier l’absence d’une autre anomalie visible.
03 – L’IRM OU LE SCANNER SI NÉCESSAIRE
Une IRM peut étudier le labrum, le cartilage et les tissus autour de l’articulation. Un scanner peut préciser la forme osseuse dans certaines situations, notamment pour préparer une intervention. Ces examens complémentaires sont choisis selon la question clinique.
Une morphologie visible à l’imagerie ne constitue pas à elle seule un syndrome : les symptômes et l’examen doivent aussi être pris en compte.
SOULAGER La hanche SANS CHIRURGIE
Lorsque les symptômes sont compatibles avec un conflit, une prise en charge conservatrice est généralement proposée en premier. Elle vise à réduire les mouvements douloureux, maintenir la fonction et améliorer progressivement le contrôle de la hanche.
PHYSIOTHÉRAPIE ET RENFORCEMENT
La physiothérapie peut travailler la mobilité tolérée, la force des muscles de la hanche et du tronc, ainsi que le contrôle des mouvements. Le programme est adapté aux symptômes et aux objectifs de la personne ; il ne cherche pas à forcer la hanche dans une amplitude douloureuse.
→ Découvrir l’importance de la physiothérapie dans la prise en charge de la hanche
ADAPTATION TEMPORAIRE DES ACTIVITÉS
Il peut être utile de réduire temporairement les positions qui déclenchent nettement la douleur, comme les flexions profondes répétées ou certains gestes sportifs. L’objectif est de conserver une activité tolérée, puis de la réintroduire progressivement selon l’évolution.
TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX
Un antalgique ou un anti-inflammatoire peut parfois être discuté pour une période limitée, en tenant compte des antécédents, des contre-indications et des autres traitements. Le choix et la durée doivent être déterminés avec un professionnel de santé.
INFILTRATION DANS CERTAINES SITUATIONS
Une injection intra-articulaire peut être envisagée dans des situations sélectionnées. Elle peut contribuer à préciser l’origine articulaire de la douleur ou à la soulager temporairement, mais elle ne modifie pas la forme des os et ne répare pas le labrum.
La première étape consiste à adapter la prise en charge aux symptômes et à préserver les activités qui restent confortables.

QUAND ENVISAGER UNE CHIRURGIE ?
Une intervention peut être discutée si la douleur reste gênante malgré une prise en charge conservatrice adaptée, si l’examen et l’imagerie concordent et si l’état de l’articulation permet d’envisager un bénéfice. La présence d’une morphologie cam ou pincer sans symptômes ne constitue pas une indication opératoire.
CORRIGER LA MORPHOLOGIE
CAM
Lorsqu’elle est indiquée, l’arthroscopie peut permettre de régulariser la bosse osseuse à la jonction entre la tête et le col du fémur. Le geste est planifié pour corriger le contact anormal tout en préservant autant que possible l’os et les tissus sains.
CORRIGER LA MORPHOLOGIE PINCER
Dans certains cas, le rebord acétabulaire peut être remodelé de manière ciblée. Le geste dépend de la forme du cotyle et de la couverture de la tête fémorale, une correction excessive pourrait compromettre la stabilité de l’articulation.
TRAITER LE LABRUM SI NÉCESSAIRE
Selon l’état et la qualité du labrum, une réparation peut être envisagée au cours de l’intervention. Le traitement du labrum est décidé selon les constatations et le contexte : une lésion associée ne signifie pas qu’elle a nécessairement été causée par le conflit.
CONTINUER À BOUGER ET RÉCUPÉRER
En présence de symptômes, il n’est pas toujours nécessaire d’arrêter toute activité. Les mouvements bien tolérés peuvent être conservés en ajustant temporairement l’amplitude, la durée ou l’intensité.
La physiothérapie aide à reprendre progressivement les gestes qui comptent pour la personne, en travaillant la mobilité, la force et le contrôle du mouvement. La progression dépend de la réponse de la hanche et des objectifs fixés.
Après une arthroscopie, l’appui, les béquilles et les exercices sont adaptés aux gestes réalisés. La récupération se déroule par étapes ; le retour à la course, aux pivots ou aux sports exigeants se fait progressivement, selon l’évolution et les consignes de l’équipe soignante.
La reprise des activités dépend des symptômes, des gestes réalisés et de la récupération de chaque personne.
→ En savoir plus sur l’arthroscopie et la récupération après l’intervention


UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT
Deux personnes peuvent présenter des images similaires et ressentir des symptômes très différents. Certaines morphologies osseuses ne gênent jamais, tandis qu’une douleur de hanche peut avoir plusieurs origines. L’évaluation tient compte des activités, de l’examen clinique, des images et des attentes de chacun.
Le Dr Benoît Coulin privilégie une démarche progressive : préciser la cause de la douleur, commencer par les mesures adaptées les moins invasives et réévaluer leur effet. Si les symptômes persistent et que les critères sont réunis, une intervention peut être discutée avec le patient.
« Une image ne suffit pas à expliquer une douleur : il faut la mettre en regard des symptômes, de l’examen et des projets de la personne. »
QUESTIONS FRÉQUENTES
VOUS SOUHAITEZ MIEUX COMPRENDRE VOS DOULEURS ?
Une évaluation clinique et des examens adaptés permettent de rechercher l’origine de la douleur et de discuter des options de prise en charge pour votre hanche.