Greffe ostéochondrale et mosaïcplastie

La greffe ostéochondrale vise à restaurer certaines lésions localisées du cartilage et de l’os sous-jacent du genou.

La greffe ostéochondrale consiste à transférer un ou plusieurs cylindres de cartilage et d’os vers une zone articulaire abîmée. Lorsqu’on place plusieurs petits greffons côte à côte, la technique est appelée mosaïcplastie. Elle peut être étudiée pour certaines lésions focales, dans une articulation dont l’état général permet d’envisager ce geste.

L’indication dépend de la gêne fonctionnelle, de l’examen clinique, des lésions observées, des traitements déjà essayés et des objectifs du patient. Une image anormale ne suffit pas à décider d’une opération.

COMPRENDRE LA PROTHÈSE PARTIELLE DU GENOU

Modèle anatomique du genou, consultation médicale
  1. C'est la zone située sur la face intérieure du genou et la plus fréquemment touchée par l'arthrose. Son usure peut provoquer une douleur interne et favoriser progressivement une déformation de la jambe.

  2. Situé sur la face extérieure du genou, ce compartiment est moins fréquemment atteint. Son usure peut entraîner une douleur latérale et modifier progressivement l'axe de la jambe.

  3. Cette articulation se situe entre la rotule et le fémur. Lorsqu'elle est touchée, la douleur apparaît souvent dans les escaliers, en position accroupie ou après être resté longtemps assis.

Joueuse de tennis interrompant son activité en raison d’une gêne au genou pouvant motiver l’évaluation d’une greffe ostéochondrale.

QUAND ENVISAGER UNE GREFFE OSTÉOCHONDRALE ?

La greffe ostéochondrale peut être discutée lorsqu’une lésion localisée du cartilage et de l’os sous-jacent entraîne une gêne persistante et que le bilan montre que cette technique peut convenir. Les indications s’évaluent au cas par cas, car le prélèvement est limité par les zones disponibles dans le genou.

 

  • Lésion focale symptomatique : la gêne reste présente et localisée malgré une prise en charge adaptée.
  • Atteinte ostéochondrale : l’évaluation montre que le cartilage et éventuellement l’os sous-jacent sont concernés.
  • Limitation fonctionnelle persistante : les symptômes gênent des activités quotidiennes, professionnelles ou sportives.
  • Bilan compatible avec la technique : la localisation et l’étendue de la lésion permettent d’envisager un ou plusieurs greffons.

 

La décision tient aussi compte de l’âge fonctionnel, du niveau d’activité, des lésions associées et des objectifs du patient. La greffe n’est pas automatiquement nécessaire : un traitement non chirurgical ou une autre option peut être préférable selon le bilan.

 

Pour en savoir plus sur les lésions du cartilage du genou, consultez la page consacrée aux lésions du cartilage du genou sur SOS Genou Genève.

 

PRÉPARER L’INTERVENTION

La préparation permet de confirmer le plan opératoire, de discuter de l’anesthésie et d’organiser les premières étapes après l’opération. Les examens et les consignes sont adaptés à chaque situation.

BILAN PRÉOPÉRATOIRE

Le chirurgien revoit les symptômes, examine le genou et étudie les examens déjà réalisés. D’autres examens ou analyses peuvent être demandés. La consultation d’anesthésie évalue les antécédents et les options d’anesthésie.

PLANIFICATION DE L’INTERVENTION

La taille et la localisation de la lésion aident à déterminer si un ou plusieurs greffons peuvent être utilisés et quelle voie d’abord est adaptée. Le plan peut être ajusté selon les constatations réalisées pendant l’intervention.

PRÉPARATION PHYSIQUE ET PRATIQUE

L’équipe peut conseiller de maintenir une activité adaptée avant l’opération. À domicile, il est utile d’anticiper les déplacements et de prévoir une aide si les consignes d’appui limitent temporairement la marche. Les béquilles sont préparées si elles sont prescrites.

CONSIGNES AVANT L’OPÉRATION

L’équipe précise le jeûne, l’hygiène et l’heure d’arrivée. Signalez tous vos traitements et ne les arrêtez pas sans avis de l’équipe médicale.

Pour des informations pratiques sur l’organisation d’une opération du genou, consultez la page « Préparer son opération » de SOS Genou Genève.

Explication du principe de la greffe ostéochondrale à une patiente à l’aide d’un modèle de genou.

COMMENT SE DÉROULE UNE GREFFE OSTÉOCHONDRALE ?

Le geste consiste à préparer la zone lésée, prélever le ou les greffons puis les positionner dans la zone ciblée. La voie d’abord et les étapes exactes dépendent de la localisation et de la taille de la lésion.

Le patient est installé sur la table d’opération. Une anesthésie générale ou loco-régionale peut être envisagée selon la situation médicale et l’échange avec l’anesthésiste. L’équipe prépare la peau dans des conditions stériles et vérifie l’identité, le côté opéré et le programme prévu avant le début du geste.

Selon la lésion et la technique retenue, l’intervention peut nécessiter une arthroscopie, une ouverture ciblée ou une combinaison des deux. L’arthroscope permet de visualiser l’intérieur de l’articulation par de petites incisions. La voie choisie doit permettre de travailler avec précision sur la zone à traiter et sur la zone de prélèvement.

Le chirurgien évalue la lésion et prépare la surface receveuse. Un ou plusieurs cylindres de cartilage et d’os sont prélevés dans une zone du même genou moins sollicitée. Chaque greffon est ensuite ajusté et placé dans la zone lésée. Pour une mosaïcplastie, plusieurs petits greffons peuvent être positionnés côte à côte afin de couvrir la surface ciblée. Cette technique dépend de la quantité de tissu disponible et de la forme de la lésion ; elle ne convient donc pas à toutes les atteintes.

Le chirurgien vérifie la position et la stabilité des greffons ainsi que la régularité de la surface articulaire. Il contrôle également la mobilité accessible pendant l’intervention et veille à préserver les structures voisines.

Les instruments sont retirés, les incisions sont refermées et un pansement est posé. Une attelle peut être utilisée si le protocole retenu le prévoit. Le patient est ensuite transféré en salle de réveil pour surveillance.

L’objectif est de positionner le ou les greffons de façon stable tout en respectant les tissus du genou.

La durée varie selon la lésion, le nombre de greffons et la voie d’abord. Une prise en charge ambulatoire peut être possible dans certaines situations, tandis qu’une hospitalisation peut être retenue selon le geste et l’état du patient. L’équipe confirme ces modalités avant l’intervention.

QUELLE TECHNIQUE POUR LA GREFFE OSTÉOCHONDRALE ?

La mosaïcplastie est une forme d’autogreffe ostéochondrale : le tissu utilisé provient du même genou. Un greffon unique ou plusieurs cylindres peuvent être envisagés selon la forme et l’étendue de la lésion.

Le choix ne dépend pas uniquement de la taille de la zone. La localisation, l’état du cartilage environnant, l’os sous-jacent et les objectifs du patient participent à la décision. L’AAOS décrit le transfert d’un greffon unique ou de plusieurs greffons, appelés mosaïcplastie, et souligne que l’autogreffe est limitée par la quantité de tissu disponible.

Un seul cylindre ostéochondral peut être utilisé lorsqu’il correspond à la forme de la lésion. Cette option évite de multiplier les sites de prélèvement, mais ne permet pas de couvrir toutes les surfaces.

Plusieurs petits greffons sont placés côte à côte pour couvrir une zone ciblée. Cette technique peut s’adapter à certaines formes de lésion, mais elle reste limitée par la quantité de greffon disponible et par les contraintes du site de prélèvement.

L’arthroscopie utilise une caméra et des instruments introduits par de petites incisions. Selon l’emplacement de la lésion, une ouverture ciblée peut faciliter l’accès et le positionnement des greffons. Le choix dépend de la visibilité et de l’accès nécessaires.

Les greffons sont ajustés et positionnés dans la zone préparée. La stabilité est vérifiée au cours de l’intervention. Les modalités précises dépendent du greffon et des constatations opératoires ; aucun dispositif de fixation n’est systématique.

La technique retenue est celle qui correspond le mieux à la lésion, à l’anatomie du genou et au projet du patient.

Modèle anatomique du genou illustrant la greffe ostéochondrale par mosaïcplastie.

APRÈS L’INTERVENTION : LES PREMIÈRES ÉTAPES

En salle de réveil, l’équipe surveille l’état général, le genou et la douleur. Les premiers contrôles et le traitement contre la douleur sont adaptés à l’intervention et au patient.

Les consignes concernant l’appui et la mobilisation protègent le ou les greffons pendant les premières étapes de la récupération. Elles sont précisées avant la sortie et peuvent évoluer au cours du suivi.

SALLE DE RÉVEIL ET DOULEUR

L’équipe surveille les constantes, la douleur et le pansement. Une gêne ou un gonflement peuvent apparaître. Les médicaments et mesures de confort sont prescrits selon la situation.

APPUI, MARCHE ET ATTELLE

L’appui peut être protégé, limité ou progressif selon la technique. Les béquilles sont utilisées si elles sont prescrites. Une attelle n’est pas systématique ; elle dépend des consignes opératoires. Les premiers mouvements sont réalisés dans les limites fixées par le chirurgien.

RETOUR À DOMICILE ET SURVEILLANCE

La sortie peut avoir lieu le jour même ou après une courte hospitalisation, selon le geste et l’état du patient. L’équipe donne les consignes pour le pansement et le premier contrôle. Contactez rapidement l’équipe en cas de fièvre, de douleur qui s’aggrave nettement, de rougeur ou d’écoulement de la cicatrice, ou de mollet douloureux et gonflé. Ces signes figurent parmi ceux qui justifient un avis médical après une intervention du genou.

RÉÉDUCATION APRÈS UNE GREFFE OSTÉOCHONDRALE

Au début, la rééducation suit les consignes de protection du greffon. Les premiers objectifs concernent le contrôle de la douleur et du gonflement, la cicatrisation, la mobilité autorisée et la réactivation musculaire. L’appui reste conforme aux instructions du chirurgien.

 

La progression peut ensuite travailler la mobilité, la force, l’équilibre et le contrôle du mouvement. Les exercices sont adaptés à l’évolution du genou et à la tolérance du patient.

 

La marche, les escaliers, la conduite et le travail reprennent selon les capacités fonctionnelles, les consignes d’appui et le type d’activité professionnelle. Un travail sédentaire et un travail physique n’imposent pas les mêmes contraintes.

 

Le sport est repris progressivement, après validation médicale et selon la cicatrisation, la mobilité, la force et le contrôle du genou. Les délais varient ; aucun calendrier ne peut être garanti à l’avance.

 

La reprise des activités s’appuie sur l’évolution du genou et le respect des consignes de protection du greffon.

 

Pour découvrir les domaines de prise en charge du genou, consultez le site SOS Genou Genève.

Jeune homme réalisant un exercice de marche progressive après une greffe ostéochondrale du genou.

RÉSULTATS ATTENDUS, LIMITES ET RISQUES

Objectifs et résultats attendus

Le traitement vise à restaurer une zone localisée de la surface articulaire et à réduire la gêne liée à la lésion. Une amélioration fonctionnelle est recherchée, mais un résultat complet ou l’absence de douleur ne peuvent être garantis.

Limites

La récupération varie selon l’étendue et l’emplacement de la lésion, l’état général du genou et la progression de la rééducation. Une gêne peut persister au site de prélèvement. La quantité de tissu disponible limite les indications de l’autogreffe ostéochondrale.

Risques et complications

Comme toute intervention, la greffe ostéochondrale comporte des risques, dont infection, hématome, phlébite, raideur, douleur persistante ou problème de cicatrisation. Une intégration insuffisante du greffon ou un résultat fonctionnel incomplet sont également possibles. L’équipe explique les risques pertinents pour chaque patient et la conduite à tenir après l’opération. Les complications arthroscopiques possibles comprennent notamment une infection, un saignement articulaire ou une phlébite.

Le bénéfice attendu, les limites de la technique et ses risques sont mis en balance avant toute décision opératoire.

Patient assis dans un studio lumineux, illustrant une prise en charge personnalisée après une greffe ostéochondrale.

UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT

Deux patients présentant une lésion qui semble similaire ne nécessitent pas nécessairement le même traitement. La gêne, l’examen clinique et l’état général de l’articulation peuvent être différents.

 

Le Dr Benoît Coulin tient compte de l’âge, de l’anatomie, de la qualité des tissus, de l’importance de la lésion, du niveau d’activité, du métier, des lésions associées, des traitements antérieurs et des objectifs personnels du patient.

 

La technique, le moment de l’intervention et le programme de récupération sont décidés en fonction de ces éléments et peuvent être réévalués selon l’évolution.

 

« Chaque décision chirurgicale s’inscrit dans un projet de soins défini avec le patient, après analyse de sa situation et de ses objectifs. »

QUESTIONS FRÉQUENTES

Non. La décision dépend de la gêne, de l’examen clinique, de la lésion observée, des traitements déjà essayés et des objectifs du patient. Une image anormale ne suffit pas, à elle seule, à décider d’une opération.
Une anesthésie générale ou loco-régionale peut être envisagée selon l’intervention et votre situation médicale. Le choix est discuté avec l’anesthésiste.
La durée dépend de la localisation de la lésion, du nombre de greffons et de la voie d’abord. L’équipe précise une durée indicative après avoir établi le plan opératoire.
Une douleur et un gonflement peuvent survenir après l’opération. Des traitements adaptés sont prévus ; l’intensité et la durée de la gêne varient selon les patients et le geste réalisé.
L’appui peut être protégé ou progressif selon la technique et la lésion traitée. Le chirurgien précise les consignes de marche et l’usage éventuel de béquilles.
Des béquilles peuvent être prescrites pour protéger l’appui. Une attelle n’est pas systématique. Le matériel et la durée d’utilisation dépendent du geste et des consignes du chirurgien.
La reprise sportive se fait progressivement après validation médicale. La cicatrisation, la mobilité, la force et le contrôle du genou guident les étapes ; les délais varient d’une personne à l’autre.
Cela peut être envisagé si la gêne persiste ou si l’évolution de la lésion le justifie. Une nouvelle intervention n’est pas systématique : la décision dépend d’une nouvelle évaluation médicale.

Une greffe ostéochondrale est-elle adaptée à votre genou ?

Un examen clinique et l’analyse de l’imagerie permettent de préciser la nature de la lésion et de discuter la technique la plus adaptée à votre situation.