RUPTURE DU LIGAMENT CROISÉ ANTÉRIEUR (LCA)

Une rupture du LCA peut rendre le genou instable, mais elle ne signifie pas qu’une opération est toujours nécessaire.

Le ligament croisé antérieur (LCA) participe à la stabilité du genou, notamment lors des pivots, des changements de direction et des arrêts brusques. Sa rupture survient souvent pendant une activité sportive, mais peut aussi résulter d’une chute ou d’un autre traumatisme.

La prise en charge dépend de la stabilité du genou, des éventuelles lésions associées et des activités que la personne souhaite reprendre. Une évaluation permet de discuter d’un traitement adapté, avec ou sans chirurgie.

COMPRENDRE LA RUPTURE DU LCA

Femme ressentant une gêne au genou en descendant des escaliers après une rupture du ligament croisé antérieur.

RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES

Au moment de la blessure, certaines personnes ressentent ou entendent un craquement. Une douleur et un gonflement peuvent apparaître rapidement. Les symptômes varient d’une personne à l’autre et ne permettent pas, à eux seuls, de confirmer une rupture du LCA.

 

  • Douleur : elle survient souvent au moment du traumatisme, puis peut diminuer avec le temps.
  • Gonflement : le genou peut gonfler dans les heures qui suivent la blessure.
  • Instabilité : le genou peut donner l’impression de se dérober, notamment lors d’un pivot ou d’un changement de direction.
  • Mobilité réduite : plier ou tendre complètement le genou peut être difficile, surtout lorsqu’il est douloureux ou gonflé.

 

Une entorse, une lésion méniscale ou une autre atteinte ligamentaire peut provoquer des symptômes similaires. Un examen clinique aide à orienter le diagnostic.

 

→ Reconnaître les signes d’une rupture du ligament croisé antérieur

COMMENT UNE RUPTURE DU LCA SURVIENT-ELLE ?

La rupture du LCA survient souvent lorsqu’un mouvement impose une contrainte importante au genou. Elle peut se produire sans contact direct, ou à la suite d’un choc. Le bilan recherche aussi d’éventuelles lésions associées.

PIVOT OU CHANGEMENT DE DIRECTION

Un changement de direction brusque, alors que le pied reste au sol, peut provoquer une torsion du genou. Ce mécanisme est fréquent dans les sports avec pivots.

ARRÊT OU FREINAGE BRUSQUE

Un arrêt soudain ou une accélération suivie d’un freinage peut solliciter le genou, en particulier lorsqu’il est légèrement fléchi et que le corps change de direction.

SAUT ET RÉCEPTION

Une réception déséquilibrée après un saut peut soumettre le genou à une contrainte importante. La blessure peut survenir sans contact avec un autre joueur.

CHOC OU TRAUMATISME

Un contact direct, une chute ou un accident peut entraîner une rupture du LCA. Des lésions du ménisque, du cartilage ou d’autres ligaments peuvent alors être associées.

POSER LE BON DIAGNOSTIC

Le diagnostic repose sur les circonstances de la blessure, l’examen du genou et, si nécessaire, des examens d’imagerie. Le bilan vise aussi à repérer des lésions associées et à évaluer la stabilité fonctionnelle.

01 — L’EXAMEN CLINIQUE
Le médecin s’informe du mécanisme de la blessure et des symptômes. Il examine la mobilité, le gonflement et la stabilité du genou à l’aide de tests cliniques adaptés.

02 — LES RADIOGRAPHIES
Elles peuvent être réalisées pour rechercher une fracture ou une atteinte osseuse associée. Elles ne permettent pas, à elles seules, de visualiser le LCA.

03 — L’IRM DU GENOU
L’IRM peut confirmer l’atteinte du ligament et aider à examiner les ménisques, le cartilage et les autres structures du genou. Elle est interprétée avec les symptômes et les résultats de l’examen clinique.

Une rupture visible à l’IRM ne suffit pas à décider d’une opération. La stabilité du genou et les activités que le patient souhaite reprendre comptent également.

→ Comprendre le rôle de l’IRM du genou

SOULAGER LE GENOU SANS CHIRURGIE

Une rupture du LCA ne nécessite pas toujours une opération. Selon la stabilité du genou et les activités de la personne, une prise en charge sans chirurgie peut être envisagée.

La rééducation est importante dans les deux cas : elle aide à retrouver la mobilité, la force et le contrôle du genou.

Dans les premiers jours, l’adaptation des activités et des mesures de confort peuvent être proposées selon la situation. Des béquilles ou une genouillère peuvent parfois être utiles, sur avis médical.

La physiothérapie vise à retrouver progressivement la mobilité et la force musculaire, puis à améliorer l’équilibre et le contrôle du genou. Les exercices sont adaptés à la douleur, au gonflement et à la stabilité.

→ Découvrir les étapes de la rééducation après une ligamentoplastie

Les activités qui déclenchent une sensation de dérobement peuvent être temporairement adaptées. Le choix des exercices dépend de la stabilité du genou et des objectifs de reprise.

Des médicaments contre la douleur peuvent être discutés selon les antécédents et les contre-indications. Ils peuvent aider à soulager les symptômes, mais ne réparent pas le ligament.

 

Le traitement tient compte de la stabilité du genou et des activités que chaque patient souhaite reprendre.

QUAND ENVISAGER UNE CHIRURGIE ?

Une reconstruction peut être discutée si le genou reste instable malgré une rééducation adaptée, ou si les activités souhaitées comportent des pivots et des changements de direction. La décision dépend aussi des lésions associées et des objectifs du patient.

RECONSTRUIRE LE LCA

La ligamentoplastie consiste à remplacer le ligament rompu par une greffe tendineuse. L’intervention est généralement réalisée sous arthroscopie. Le choix de la greffe et de la technique dépend du bilan et du profil du patient.

→ En savoir plus sur la chirurgie du ligament croisé antérieur

RENFORCER LA STABILITÉ ROTATOIRE

Dans certaines situations, un geste complémentaire sur les structures situées à l’extérieur du genou peut être discuté avec la reconstruction du LCA. Il vise à améliorer le contrôle de la rotation chez des patients sélectionnés. Il n’est pas nécessaire dans tous les cas.

PRENDRE EN CHARGE LES LÉSIONS ASSOCIÉES

Une atteinte du ménisque ou d’une autre structure peut modifier le plan opératoire et les étapes de récupération. Lorsque cela est possible, la stratégie tient compte de l’intérêt de préserver les structures du genou.

→ Comprendre les lésions du ménisque

REPRENDRE SES ACTIVITÉS APRÈS UNE RUPTURE DU LCA

Après une rupture du LCA, le retour aux activités dépend de la stabilité du genou, de la récupération et du traitement choisi. Il peut être progressif, avec des adaptations au début.

La physiothérapie travaille notamment la mobilité, la force musculaire, l’équilibre et le contrôle des mouvements. Les étapes sont ajustées en fonction de la réaction du genou.

Après une reconstruction, la rééducation se poursuit pendant plusieurs mois. La reprise des sports avec pivots ou changements de direction se prépare progressivement et s’appuie sur l’évaluation de la récupération, pas uniquement sur le temps écoulé.

 

Le calendrier de reprise est individualisé et défini avec les professionnels qui suivent le patient.

 

→ Comprendre la rééducation après une ligamentoplastie

Patient échangeant sur sa prise en charge après une rupture du ligament croisé antérieur.

UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT

Une rupture du LCA ne se traduit pas de la même manière chez tout le monde. Certaines personnes ressentent une instabilité dans leurs activités, tandis que d’autres retrouvent une fonction satisfaisante après une rééducation adaptée.

Le Dr Benoît Coulin évalue la stabilité du genou, les éventuelles lésions associées et les attentes de chaque patient. La prise en charge peut être conservatrice ou chirurgicale selon la situation.

Si une reconstruction est envisagée, les objectifs de reprise et les étapes de rééducation sont discutés avec le patient.

 

« Le choix du traitement dépend autant de la stabilité du genou que des activités que le patient souhaite retrouver. »

QUESTIONS FRÉQUENTES

Non. Selon la stabilité du genou, les symptômes et les activités envisagées, une prise en charge par rééducation peut parfois être proposée. Une opération est discutée selon le bilan et les objectifs du patient.
Une douleur, un gonflement et une sensation d’instabilité peuvent survenir après un traumatisme. Ces signes ne suffisent pas à confirmer la rupture : un examen médical est nécessaire.
Certaines personnes peuvent marcher, parfois avec une gêne ou une sensation d’instabilité. La capacité à marcher ne permet pas d’exclure une rupture ou une autre lésion du genou.
Non. L’IRM apporte des informations sur le ligament et les structures voisines, mais la décision tient aussi compte de l’examen clinique, de la stabilité ressentie et des activités souhaitées.
Oui. La rééducation fait partie de la prise en charge après une reconstruction. Elle vise à retrouver progressivement la mobilité, la force et le contrôle du genou.
Cela dépend de la stabilité du genou, du sport pratiqué et de la réponse à la rééducation. Les sports avec pivots ou changements de direction peuvent être difficiles en cas d’instabilité persistante.
La récupération s’étend sur plusieurs mois et varie selon la personne, les gestes réalisés et les exigences du sport. Le retour se fait progressivement après évaluation de la récupération.
Il est conseillé de consulter si le genou gonfle, reste douloureux ou semble instable après une torsion ou un choc. Une difficulté importante à prendre appui ou une douleur marquée justifie une évaluation médicale rapide.
© Coulin, 2026