L’arthrose fémoro-patellaire ne se résume pas à une douleur derrière la rotule. Sa localisation, les mouvements qui déclenchent les symptômes et l’état du reste du genou orientent le choix du traitement.

L’arthrose fémoro-patellaire touche l’articulation située entre la rotule et le fémur. Elle peut entraîner une douleur à l’avant du genou, notamment dans les escaliers, lorsque l’on s’accroupit ou lorsque l’on se relève d’une chaise.

L’objectif de la prise en charge est de comprendre l’origine de cette douleur, puis de préserver la mobilité et les activités du patient aussi longtemps que possible.

Comprendre l’arthrose fémoro-patellaire

Articulation fémoro-patellaire, vue latérale
  1. Située à l'avant du genou, elle se déplace lorsque la jambe se plie et se tend.

  2. Il recouvre les surfaces de la rotule et du fémur pour faciliter leur glissement.

  3. Le cartilage s'altère progressivement à cet endroit, ce qui peut provoquer une douleur à l'avant du genou.

Femme ressentant une douleur liée à l’arthrose fémoro-patellaire en descendant des escaliers.

RECONNAÎTRE LES SYMPTÔMES

La douleur liée à l’arthrose fémoro-patellaire se situe généralement à l’avant du genou, autour ou derrière la rotule. Elle peut apparaître progressivement et être plus marquée lors des mouvements qui nécessitent de plier le genou en supportant le poids du corps.

  • Douleur dans les escaliers : elle est souvent ressentie à la descente, mais peut aussi apparaître à la montée.
  • Gêne pour se relever : quitter une chaise basse ou sortir d’une voiture peut devenir douloureux.
  • Difficulté à s’accroupir : la flexion importante du genou peut accentuer la douleur.
  • Raideur après une position assise : les premiers mouvements peuvent être inconfortables après être resté longtemps assis, genou plié.
  • Gonflement ou sensations de frottement : ces signes peuvent accompagner la douleur, sans être présents chez tous les patients.

 

Ces symptômes ne sont pas propres à l’arthrose. D’autres problèmes de la rotule, du cartilage ou des tendons peuvent provoquer une douleur similaire.

 

Des craquements isolés ne suffisent pas non plus à poser le diagnostic.

POURQUOI CETTE ARTHROSE APPARAÎT-ELLE ?

Plusieurs facteurs peuvent intervenir dans l’apparition d’une arthrose fémoro-patellaire. Leur rôle varie selon les patients ; identifier ceux qui comptent réellement aide à adapter la prise en charge.

TRAUMATISME OU INSTABILITÉ DE LA ROTULE

Une ancienne fracture de la rotule, une luxation ou une lésion du cartilage peut modifier le fonctionnement de l’articulation. Une instabilité répétée de la rotule peut également contribuer à une atteinte progressive de ses surfaces de contact.

FORME ET DÉPLACEMENT DE LA ROTULE

La forme de la gouttière fémorale et la manière dont la rotule s’y déplace influencent la répartition des contraintes. Chez certains patients, une partie de l’articulation est davantage sollicitée pendant la flexion du genou.

FORCE MUSCULAIRE ET MOUVEMENT

Les muscles de la cuisse et de la hanche participent au contrôle du genou. Une faiblesse musculaire ou une modification des mouvements peut rendre certains gestes plus difficiles et accentuer les symptômes.

ATTEINTE D’AUTRES PARTIES DU GENOU

L’arthrose située derrière la rotule peut être isolée ou associée à une atteinte des autres compartiments du genou. Cette distinction est particulièrement importante lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus.

Patiente regardant des radiographies du genou lors d’une consultation pour une arthrose fémoro-patellaire.

POSER LE BON DIAGNOSTIC

Le diagnostic ne repose pas uniquement sur une image. Il associe la description des symptômes, l’examen du genou et, lorsque cela est utile, des examens d’imagerie adaptés.

 

01 — L’EXAMEN CLINIQUE

Le médecin recherche la zone douloureuse et observe les mouvements qui déclenchent la gêne. Il évalue la mobilité, la force musculaire, la stabilité de la rotule et l’état général du genou. Cet examen aide aussi à rechercher une autre cause possible de douleur à l’avant du genou.

02 — LES RADIOGRAPHIES ADAPTÉES

Des radiographies peuvent montrer les modifications de l’articulation entre la rotule et le fémur. Elles permettent également de vérifier si d’autres parties du genou sont atteintes. Selon la situation, des clichés réalisés debout et une vue spécifique de la rotule peuvent être demandés.

03 — LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES

Une IRM n’est pas systématique. Elle peut être utile lorsque les radiographies n’expliquent pas suffisamment les symptômes ou lorsqu’il faut préciser l’état du cartilage et des autres structures du genou.

 

Une image d’usure ne détermine pas, à elle seule, la nécessité d’une infiltration ou d’une opération. La décision tient aussi compte de la douleur, de la mobilité et des activités devenues difficiles.

SOULAGER L’ARTHROSE SANS CHIRURGIE

La prise en charge est généralement progressive pour une arthrose fémoro-patellaire. Les traitements conservateurs sont privilégiés tant qu’ils permettent d’améliorer la douleur, la mobilité et la qualité de vie.

Le mouvement adapté fait partie du traitement. La physiothérapie peut aider à renforcer les muscles de la cuisse et de la hanche, à améliorer le contrôle du genou et à retrouver progressivement les gestes devenus douloureux.

Les exercices sont ajustés aux capacités du patient. Le but est de pouvoir à nouveau monter les escaliers, marcher ou pratiquer une activité choisie avec davantage de confort. Cette progression s’inscrit dans une rééducation du genou adaptée à chaque situation.

Pendant une période douloureuse, réduire temporairement les flexions profondes, limiter les descentes répétées ou adapter l’intensité d’une activité peut aider. Ces changements n’ont pas vocation à supprimer durablement le mouvement : ils permettent de retrouver un niveau d’activité mieux toléré.

Des traitements destinés à soulager la douleur peuvent être proposés selon les antécédents médicaux et les contre-indications éventuelles. Ils peuvent aider pendant une période difficile, mais ne remplacent pas le travail sur la force et la fonction du genou.

Si les symptômes persistent, une injection intra-articulaire peut être discutée selon le profil du patient, l’étendue de l’arthrose et les traitements déjà essayés. Les produits disponibles n’ont pas tous les mêmes indications. Pour mieux comprendre les possibilités, consultez la page consacrée aux différentes infiltrations du genou.

Une infiltration peut contribuer à réduire les symptômes, mais elle ne reconstitue pas le cartilage usé. Elle s’intègre, lorsqu’elle est indiquée, à une prise en charge plus globale.

 

→ Comparer les différentes infiltrations du genou

Préserver la fonction du genou et maintenir les activités reste prioritaire tant que les traitements conservateurs apportent un bénéfice satisfaisant.

Homme réalisant un exercice de physiothérapie sur une marche basse pour soulager une arthrose fémoro-patellaire.

QUAND ENVISAGER UNE CHIRURGIE ?

Une arthrose visible derrière la rotule ne constitue pas, à elle seule, une indication opératoire. La chirurgie peut être envisagée lorsque la douleur demeure importante malgré une prise en charge adaptée et qu’elle limite durablement les activités quotidiennes.

 

Le choix de l’intervention dépend surtout de l’étendue de l’arthrose dans le genou.

REMPLACER UNIQUEMENT L’ARTICULATION FÉMORO-PATELLAIRE

Lorsque l’arthrose est réellement limitée à l’articulation entre la rotule et le fémur, une prothèse fémoro-patellaire peut être discutée chez certains patients. Elle remplace les surfaces atteintes de cette zone, tout en conservant les autres parties du genou lorsqu’elles sont suffisamment préservées.

Cette possibilité repose sur des critères précis. Il faut notamment vérifier que la douleur correspond bien à l’atteinte observée et que les autres compartiments du genou ne nécessitent pas un traitement différent.

 

TRAITER UNE ARTHROSE PLUS ÉTENDUE

Si plusieurs parties du genou sont atteintes, remplacer uniquement l’articulation derrière la rotule peut ne pas répondre à l’ensemble des symptômes. Une autre solution, dont une prothèse totale du genou dans certaines situations, peut alors être discutée.

Le Dr Coulin explique les bénéfices attendus, les limites de l’intervention et la rééducation nécessaire avant toute décision.

 

CONTINUER À BOUGER AVEC UNE ARTHROSE FÉMORO-PATELLAIRE

Dans la plupart des cas, il est possible de conserver une activité physique. L’essentiel est de choisir des mouvements compatibles avec les symptômes et d’augmenter progressivement ce que le genou peut faire.

 

La marche sur terrain régulier, le vélo avec un réglage adapté et certains exercices de renforcement peuvent être proposés selon les capacités du patient. Une douleur ressentie dans les escaliers ne signifie pas que toute activité est nuisible à l’articulation.

 

L’intensité doit toutefois être adaptée à la réaction du genou. Si une activité entraîne une douleur nettement plus forte, un gonflement ou une gêne qui persiste, son rythme ou sa durée peuvent être ajustés.

 

Bouger ne signifie pas ignorer la douleur, mais retrouver progressivement des mouvements que le genou tolère mieux.

 

Patiente en consultation devant une radiographie du genou pour une arthrose fémoro-patellaire.

UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE À CHAQUE PATIENT

Deux personnes présentant une arthrose fémoro-patellaire sur leurs radiographies peuvent vivre des situations très différentes. L’une est surtout gênée dans les escaliers ; l’autre souhaite continuer un sport ou rencontre des difficultés dans son travail.

Le Dr Benoît Coulin fonde la prise en charge sur un diagnostic précis, l’état de l’ensemble du genou et les objectifs du patient. Lorsque cela est possible, la physiothérapie, l’adaptation des activités et les autres traitements conservateurs permettent de préserver le mouvement sans intervention.

La chirurgie est discutée si ces solutions ne suffisent plus et si l’atteinte du genou correspond à une intervention dont le bénéfice attendu est clair.

 

« Comprendre la douleur derrière la rotule, préserver le mouvement, puis intervenir seulement lorsque cela devient nécessaire. »

QUESTIONS FRÉQUENTES

Les modifications de l’articulation ne disparaissent généralement pas spontanément. En revanche, une prise en charge adaptée peut réduire la douleur et améliorer les mouvements du genou.
La descente des escaliers sollicite l’articulation entre la rotule et le fémur. Ce mouvement peut accentuer la douleur, mais il ne suffit pas à lui seul pour établir le diagnostic.
Des craquements peuvent exister sans arthrose importante. Leur signification dépend surtout de la présence d’une douleur, d’un gonflement ou d’une difficulté à utiliser le genou.
Non. Les radiographies aident à observer l’articulation derrière la rotule, mais elles doivent être interprétées avec les symptômes et l’examen clinique. L’usure visible ne correspond pas toujours à l’intensité de la douleur.
Oui. La physiothérapie ne fait pas repousser le cartilage, mais elle peut améliorer la force musculaire, le contrôle des mouvements et la capacité à réaliser les gestes du quotidien.
Pas systématiquement. L’activité peut être adaptée selon les symptômes, puis reprise ou augmentée progressivement. Le choix des exercices dépend des objectifs du patient et de la réaction de son genou.
Une infiltration peut soulager certains patients pendant une durée variable et les aider à poursuivre leurs activités. Elle ne répare toutefois pas le cartilage et ne garantit pas qu’une intervention ne sera jamais nécessaire.
Elle peut être discutée lorsque la douleur reste importante malgré une prise en charge adaptée et que l’arthrose est bien limitée à l’articulation entre la rotule et le fémur. L’état des autres parties du genou doit être vérifié avant de choisir cette intervention.

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Un examen clinique associé à une imagerie adaptée permet de déterminer si la douleur vient de l’articulation située derrière la rotule et de choisir les traitements les plus appropriés à votre situation.